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Quand, à l’automne 2007, notre compagnie a décidé d’aborder avec les enfants le sujet de la sécurité routière, nous avons tout de suite fait une constatation stupéfiante: c’est un sujet sur lequel il règne un silence artistique assourdissant!
De deux choses l’une: ou bien la conviction que les morts sur la route sont un phénomène social «physiologique» est largement partagée, et y consacrer une représentation théâtrale aurait le même interêt que de mettre en scène le lever et le coucher du soleil; ou bien nous sommes en présence d’un véritable tabou culturel, difficile à gérer, et qui expose celui qui s’y attaque à plus de risques de critique que d’estime.
Un ex fonctionnaire de la Mairie de Milan qui s’est occupé longtemps des jeunes victimes de la route a trouvé la bonne réponse quand, à la fin du spectacle, il nous a remerciés en disant : « Bravo ! Magnifique ! Mais vous mettez en question le mythe de la puissance illimitée de l’homme, qui est la base du monde moderne ».
Et en effet, c’est bien sur ce choix que repose «A la diable» (O la corsa o la vita, en Italien).

rassurante qui parle de bonnes règles, de mauvais excès et de comportements déviants pour aller plus en amont, pour aborder un mythe fondateur indiscuté qui envahit toute notre société.
Prenant appui sur la «religion de l’accélération» de Filippo Tommaso Marinetti («Sainteté de la Roue!»), nous avons construit une dramaturgie sur le culte de la Vitesse. Ce culte partagé par les chroniqueurs excités de la Formule 1 et les publicistes des marques automobiles, les auteurs de films et de téléfilms, les petits enfants qui ont le nez sur la piste de leurs petites voitures et leurs parents qui jurent en attendant le bon moment pour doubler l’imbécile qui les précède.
Les jeunes n’inventent pas leurs modèles, ils les assimilent à partir du comportement des adultes qui les entourent. Si la rapidité signifie la domination (dynamis, en grec, veut dire puissance), être libre, toujours jeune et beau, tout ceci n’entre pas dans leur tête par hasard: ce sont des hommes et des femmes en chair et en os – ou en pixels – qui leur envoient constamment ce message, explicite ou implicite.
Exagérer et s’exposer au risque du volant parce qu’on est insensibilisé par l’alcool, le haschich ou toute autre drogue, c’est l’assouvissement d’un désir trop longtemps suggéré et entretenu. Conduire dangereusement n’est pas une déviance: c’est le strict développement linéaire d’une fascination collective et jouissive pour prendre la place de premier, ce qui force l’admiration.

Tel est le sujet de notre spectacle. Un Grand Chambellan célèbre la Cérémonie de l’Accélération: parmi ceux qui sont là, voici qu’émerge un Elu, celui qui arrive à incarner les valeurs suprêmes de notre temps…
Comme dans toute production du Trebbo, le public fait partie intégrante du spectacle: soit les jeunes, appelés à monter en scène pour jouer avec les acteurs, soit tous les autres, restés assis, qui transforment le théâtre en une arène où est célébré «le rite sacré de la Vitesse».
Le spectacle – comportant des textes, des vidéos et des performances athlétiques – a été très bien acceuilli par son jeune public qui a hurlé, a ri, a applaudi, s’est ému.
Et nous a émus.

Pour nous demander des donnés techniques sur la mis-en-scene, une évaluation économique du déplacement ou d’autres renseignements, contactez-nous par e-mail:

lasaladeitanti@gmail.com

 

 

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